Georges Moustaki • Le meteque – 1969 -

Posté le 7 avril 2007

Avec ma gueule de métèque, de juif errant de pâtre grec
et mes cheveux aux quatre vents.
Avec mes yeux tout délavés,
qui me donnent l’air de rêver,
moi qui ne rêve plus souvent.
Avec mes mains de maraudeur,
de musicien et de rôdeur,
qui ont pillé tant de jardins.
Avec ma bouche qui a bu,
qui a embrassé et mordu,
sans jamais assouvir sa faim.

Avec ma gueule de métèque, de juif errant de pâtre grec,
de voleur et de vagabond.
Avec ma peau qui s’est frottée,
au soleil de tous les étés
et tout ce qui portait jupon.
Avec mon cœur qui a su faire
souffrir autant qu’il a souffert
sans pour cela faire d’histoires.
Avec mon âme qui n’a plus
la moindre chance de salut
pour éviter le purgatoire.

Avec ma gueule de métèque, de juif errant de pâtre grec
et mes cheveux aux quatre vents,
je viendrai ma douce captive,
mon âme sœur ma source vive,
je viendrai boire tes vingt ans,
et je serai Prince de sang
rêveur ou bien adolescent,
comme il te plaira de choisir,
et nous ferons de chaque jour…
toute une éternité d’amour
que nous vivrons à en mourir
et nous ferons de chaque jour…
toute une éternité d’amour
que nous vivrons à en mourir.

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